Prix :
-
Trier par :

L’or blanc de l’Ile de Ré

Que serait l’Ile de Ré sans ses marais salants et leur inestimable cadeau, le sel ? A la fois patrimoine environnemental et historique, les marais salants au petit matin sont un peu de l’âme de cette terre gorgée d’eau, et le sel son émanation précieuse.

Un peu d’histoire

L’origine des marais salants rhétais remonte aux 12ème et 13ème siècles. En ces temps lointains, il n’y avait pas une mais des îles puisque Ars et Loix étaient alors des terres séparées. En raison des aléas amenés par les guerres de religion, les premières traces de leur existence ne sont établies qu’à dater de la fin du 15ème siècle.
Le développement des marais salants est l’histoire d’une lutte entre l’homme et la nature, celui-ci gagnant chaque morceau de terre sur la mer au prix d’un dur travail d’endiguement. Au 19ème siècle, la surface totale des marais salants atteindra pourtant près de 20% de l’Ile de Ré, avec environ 1 500 hectares.

Le sel, or blanc de la mer

La population rhétaise a longtemps vécu, et ma fois pas si mal, loin du continent et sans activités touristiques. Mais le commerce du sel et son importance furent pour beaucoup dans cette indépendance économique, tout comme la culture de la vigne, et bien sûr les produits de la pêche.
Principalement regroupés sur les villages d’Ars, Loix, Les Portes, Saint-Clément des Baleines et La Couarde- sur-Mer, les sauniers étaient fort nombreux encore au début du 20ème siècle, représentant plus d’un tiers de la population rhétaise globale. Mais le courant du 20ème siècle vit aussi le déclin inéluctable de cette activité autrefois si florissante. Le destin du sel rhétais aurait pu être ainsi (et sans mauvais jeu de mots) scellé. Mais c’était sans compter avec la mobilisation de certains.
Car l’univers si particulier des marais salants mobilise les habitants de l’île. Une détermination qui s’est officialisée en 1986 avec la création de la « Maison des Marais Salants », structure toute entière dédiée à la sauvegarde de ce territoire fragile. Complétant cette démarche, une seconde entité sera créée 8 ans plus tard, spécialisée en développement, recherche et service en produits régionaux : « Esprit du Sel » était née. Son objectif ? Assurer la revalorisation culturelle et économique des richesses offertes par le marais salant traditionnel, à savoir le Sel Gris et la Fleur de Sel de l’Ile de Ré.
Derrière cette ambition qui ressemble à un défi, il y a la volonté de créér et de commercialiser des produits marins d’origine rhétaise, privilégiant la variété et l’originalité, sans se souscrire toutefois aux exigences d’une tradition tout entière tournée vers la haute qualité artisanale et la considération de l’environnement.

Les Sels de l’Ile de Ré

L’un est gris et l’autre d’une blancheur diaphane. L’un est plutôt brut et se consomme sans traitement ni lavage. L’autre est délicate, et son parfum a des relents de violette. Préférant le naturel, elle se consomme elle aussi à « l’état brut », mais sans pour autant perdre de son élégance. L’un est le Sel Gris Marin et l’autre la Fleur de Sel.
Ils sont issus des mêmes marais et tous deux récoltés à la main, mais alors que le Sel Gris se ramasse sur le fond des aires saunantes, la Fleur de Sel se laisse cueillir, elle, à sa surface. Si le sel gris prend sa couleur lors du processus de cristallisation dans les aires saunantes chargés d’argile, la Fleur de Sel a elle, besoin du vent pour donner le meilleur d’elle-même.
Tous deux mettent singulièrement en valeur les aliments qu’ils parfument. Le sel gris ne pique pas et sale avec douceur pendant la cuisson. Il est également parfait pour les plats dits « en croûte de sel », mais tient aussi sa place à la table de tous les repas. Quant à la discrète Fleur de Sel, elle relève sans dénaturer. Il n’y a qu’à goûter les pommes de terre de l’Ile de Ré légèrement revenues à la poêle et parsemées de quelqu’un de ces grains pour s’en convaincre !
Vous l’aurez compris, « Esprit de Sel », c’est la science et l’amour du sel rhétais, l’authenticité et la pérennité d’un travail ancestral. Mais on ne saurait faire du sel sans toucher aux caramels… A la Fleur de Sel bien entendu. Un pur délice !